Paperblog : Les meilleures actualités issues des blogs Et pour quelques truites de plus. Ben's blog.

This is my heaven

This is my heaven

dimanche 3 décembre 2017

Stuck in the middle with you

Le récit qui va suivre va vous emmener au fin fond des Alpines australiennes, où kangourous, ornithorynques et wombats règnent et vivent en harmonie. J'ai eu la chance de pouvoir observer ces animaux sauvages à volonté. Les ornithorynques sont fascinants, rares, beaucoup de gens n'en ont jamais vu de leur vie malgré plusieurs tentatives. Mais il s'agit là d'un privilège de plus qui nous est accordé, à nous, pecheurs. Le 20 octobre dernier, j'ai suivi Noel sur environ 400km pour arriver à Anglers Rest. Un lieu dit perché à 800m d'altitude où seul un pub en bord de rivière vous rappelle que ce bled n'est bel et bien pas effacé de la carte. Situé en plein parc national des Alpines, dans la vallée de la Mitta Mitta River et ses affluents, nous arrivions donc après une demi journée de route dans ces paysages verdoyants, où hommes et nature semblent etre en bonne cohabitation. Je m'appretais à faire la connaissance d'Helen, une amie de longue date de Noel, qui vit ici depuis plus de 20 ans, gérant un ranch et une immense propriété de plus de 300 acres. Le chemin de terre qui mène à la maison surplombe la Bundara River. Nous y sommes, ''The willows'', est une grande maison en bois et pierres apparentes, construite sur une colline avec vue sur la rivière s'écoulant dans le jardin. Depuis la terrasse orientée plein Nord, on peut boire son café et vérifier si les truites gobent avant de descendre pecher. N'est ce pas magnifique ? De la cuisine, se mélangent la bonne odeur des plats mijotés et le bruit de la bouilloire en fonte annoncant la bonne température de l'eau pour l'infusion. La rusticité du lieu me plait énormément. Des panneaux solaires afin d'avoir accès à un peu d'électricité, un générateur pour les journées sombres et pluvieuses et pratiquement aucune réception téléphonique. Une maison qui vit au rythme du soleil, mais qui est sans cesse peuplée de différents invités, amis de passage dans la région qui font étape pour dire bonjour ou donner un coup de main avec les chevaux, tout un tas de personnalités différentes et toutes plus intéressantes les unes que les autres. Je prévoyais alors de rester ici deux semaines, aider Helen autant que je pouvais et aller à la peche le reste du temps avant de prendre mon ferry pour la Tasmanie. J'étais à mille lieux de me douter de ce qu'il allait en etre vraiment. Mais c'est ce qui rend ce mode de vie encore plus excitant. Inutile de faire des plans étant donné que l'on sait pertinement qu'ils ne seront pas respectés. Cela a encore été démontré ici.


The view from the deck. La vue de la terrasse.

My favourite sunset place if I'm not along the river. Le hammac, ma place favorite pour le coucher de soleil quand ce n'est pas au bord de l'eau.

Bundara River.


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20th of October, I followed Noel during the 400 km to reach Anglers Rest, which is not even a village since there is nothing else than few farms, holidays houses and a pub, the Blue Duck. Helen Packer runs a ranch with around 70 horses along the Bundara river here. She is Noel's old friend and he is use to come up here for some flyfishing and spiritual rest far away from all kind of civilisation. When we arrived in Anglers Rest, we had to keep going on a 5 km unsealed road to reach the property. And what a property. Acres and acres of grass on the Alpines National Park's hills. Helen lives on a massive and always alive wooden built house. A big fire pit to keep atmosphere warmed, an open kitchen releasing yummy smells all day long and the permanent noise of boiling water in the iron teapot are the kind of things making you feeling really comfortable. The usage of solar panels for electricity production is also a detail really appreciated. For cloudy or rainy days, a generator working with diesel is needed. The batteries are linked to this generator to charge them while working and reduce it's usage. The rusticity gives an infinite amount of charm to this place. Dear heads watching you from the walls, hundreds of travel pictures from Helen's trips everywhere in the World and almost everything to remind you that you are in a horse riding place. People come and go here and there is always someone visiting, staying few days, helping with the horses or fencing...
Magnificent bow. Une arc splendide !

Heavy nymphing is not a crime, go DEEP ! Les nymphes lourdes ne sont pas un crime, pechez profond !

See ya mate.

Noel est resté pecher ici deux jours. Le printemps prenant son temps pour s'installer dans cette partie de l'état, l'activité des poissons laissait à désirer. Mais au fur et à mesure des semaines, elle a augmenté jusqu'à me permettre des journées avec bon nombre de captures et une taille moyenne assez élevée. Une noyade de téléphone et plus de place sur les ferrys pour la Tasmanie avant le 3 décembre allaient donc prolonger mon séjour. Ce qui était en toute honneteté une bonne nouvelle. Cela m'a aussi permis d'apprendre a connaître Helen davantage. Une femme brillante, au passé de voyageuse, passionnée de chevaux et grands espaces. Je peux l'écouter des heures raconter ses aventures en Afrique ou à travers les déserts d'Asie sans ressentir une once d'ennui. Un sacré personnage donc, à rajouter à la liste plutot restreinte des personnes qui auront marqué mon voyage.

Tout au long de ce séjour, j'ai passé beaucoup de temps au bord de l'eau, et avant de rejoindre la Tasmanie, je voulais m'assurer de pecher le plus de rivières possibles. J'ai donc pris une semaine pour faire le tour des cours d'eau de la chaine de montagne. 7 jours à ne penser à rien d'autre qu'attraper le plus de truites possibles et couvrir un maximum de terrain. De 6h à 21h les jours où je ne conduisais pas , j'étais sur les berges ! En effet, en Australie, il est très risqué de conduir de nuit à cause des kangourous, wonbats ou autres cerfs, animaux à haute activité nocturne au bord des routes. Une collision avec l'un d'entre eux et c'est terminé bonsoir pour ma voiture. N'ayant pas de pares buffles, c'est un risque totalement inutile que je n'ai pas pris. Donc un peu de temps de peche était sacrifié pour la route. Beaucoup de peche sous l'eau en nymphe au fil dans un premier temps et quelques bons coups du soir en sèche. Puis je me suis arreté 3j sur une grande rivière de plaine, alimentée par un gros barrage. Ce qui lui accorde une température constante à 12 degrés toute l'année et peu de variations de débits. Cette rivière est vraiment similaire à la Basse Rivière d'Ain dans l'Est de la France et il en est de meme pour la peche. Beaucoup de grandes retournes dans lesquelles les poissons viennent s'alimenter, des berges encombrées, parfois des forets de saules immergées. Une grande quantité de poissons s'alimentent en bordure, ce que la majorité des locaux semble ne pas comprendre. Ils marchent dans l'eau, là où ils devraient pecher ! Ils pechent énormemebt avec un gros sedge indicateur et une nymphe 50cm en dessous, ce qui, sur ce profil est totalement innéficace. Les poissons sont proche du bord là où le courant est moindre, il faut donc utiliser des nymphes très peu lestées et pecher a vue. Il est fréquent que les truites aient le nez en l'air ce qui permet de faire de la sèche à vue, adrénaline garantie ! De longues approches discrètes étaient de rigueur et cette traque était palpitante. Surtout que la taille moyenne des truites y est élevée et que j'ai eu la chance de croiser quelaues beaux poissons. J'ai repéré une énorme truite se tenant dans l'ombre des racines de saules. Il m'a fallu une bonne demi heure pour parvenir a m'approcher sans l'effrayer et trouver une fenetre de tir. Mais ce vieux poisson ne s'est pas laissé berner par ma nymphe et l'a refusée avant de disparaître dans les profondeurs. Elle ne m'avait pas grillé et cela valait le coup d'attendre. J'ai donc roulé une clope, changé de nymphe, fumé, attendu, re-fumé... le manège a duré 1h30. Mais elle a finalement repointé le bout de son nez et a commencé a manger des larves dans le sable. 10 longues minutes avant d'avoir un angle d'attaque. J'ai cette fois ci envoyé ma nymphe dans son champs de vision mais un peu sur le coté. La truite a changé sa trajectoire pour venir l'engloutir. Le four s'est ouvert en grand. Un bon timing de ferrage et une tentative de mise à l'épuisette d'entrée de jeu. C'est à vrai dire la seule option avec ces poissons. J'avais prévu le coup et posé mon épuisette dans mes pieds avant meme qu'elle ne revienne. Sauf que j'ai fait face à un problème de taille, c'est le cas de le dire, cette truite ne rentrait définitivement pas dans mon filet. D'un coup de queue, elle s'en allait et ma bobine sifflait. Je voyais les grosses souches et nombreuses branches en travers desquelles elle voulait aller. J'ai tenté de l'en empecher mais mon 6,5lbs n'a pas tenu le choc. J'étais abbatu. Dans la colère, j'ai lancé ma canne dans l'eau. C'etait pour sur la plus grosse truite qu'il m'avait été donné de voir jusqu'à présent. Un poisson qui passait la barre mythique des 70cm. J'ai fumé une clope, dépité. Cela sonnait la fin de cette journée. Je me suis consolé le lendemain avec quelques poissons corrects.

The rivers profile variability is incredible and make fishing different everyday. La diversité de profil des rivières est incroyable et permet de pecher différement tous les jours.

Euronymphing was CRAZY here. C'était une sale histoire en nymphe au fil...

This kind of places. Ce genre d'endroits.

We had one and a half day of fishing with Noel and after that he had to come back to his place for his dairy farm job. I was a bit sad to see him leaving but had the intimate conviction that we would have more opportunities to fish together again. The water in the Bundara was bloody cold due to snow melting up in the mountains. And so was the trout activity. Noel caught some fish using a dry-nymph tandem while I had trouble to focus because of the wonderful landscape of this peace of heaven. I was supposed to stay only until the end of October, but I couldn't resist to extend my stay. I helped Helen with her veggie garden, planted seeds of tomatoes, capsicums, cauliflower and beetroots to allow her heaps of fresh products for the summer. I also helped with fencing, horses, mowing, weeding and cooked quite often to give her and her guests a sample of french cuisine. That was the deal to be able to stay in this lovely house, and I must admit it's more than fair. In the meantime, I learned how to saddle and ride a horse. And what a great freedom sensation to gallop in the bush, along the river when the sun sets.

After few days very quite along the river, the sun started to seriously warm and I discovered an activity peak in the trouts feeding the last 30min of sunlight. Few flies hatching and the prom could start. Tiny beaks broke through the surface. You all know how fast it goes and there isn't any minute to waste while it happens. The evening rises allowed me to catch some of the Bundara's brown trouts. A nice pattern and larges pectoral fins for these fish. Day after day, the temperatures increased and so the fish daytime activity. Could observe rises even in the middle of the afternoon and it made fishing even more interesting. The first days, I couldn't spot a single trout in the crystal clear water. But now, the summer is closer everyday and I start to see some trout feeding in the beautiful veins.
Since I stayed longer with Helen than expected, I get to know her even more and discover how interesting and awesome this woman is. Despite many life incidents, she still has this happiness, mental and love for life. Sometimes a bit stubborn and obsessed with her healing progress, it's a bloody character. Excellent cook and host, she can talk with passion about her travel experiences during hours, and you never get bored ! I stayed almost 2 months in this peace of heaven and I must admit, I am very sad to leave. But unfortunately, it's part of travel life. And I have no doubt that what I will discover in Tasmanie will also be absolutely stunning and unique. I may have lost a part of my soul might in the Willows, and only people who came here might be able to understand. Anyway, I finish to publish this article from the « Spirit of Tasmania » boat and my excitation is increasing.
Wonderfull fishing while sight fishing on the backwaters. Poisson splendide, bien qu'un peu maigre, en pechant à vue dans les retournes.

Portrait.

Release.

This nymph worked well, thank you Matt. Cette nymphe a très bien marché, merci Matt.


Fat neck, which means this fish is growing fast. Un gros cou témoigne d'une croissance rapide qui continue.

Before going in Tassie, I wanted to fish as much rivers as possible in Victoria. So I took one week to explore. Car packed, Simon's flies arrived safe thanks to Noel and Sam, I was ready for a fishing trip. During these days, I dedicated the whole sunlight time to fish or drive. For people who don't know, driving by night is very dangerous in Australia because of kangaroos or wombats crossing over the road which would destroy your car and put your and other driver's life in danger. During 7 days, I fished 8 different streams. All had various profiles and altitudes which conditioned fish activity and the technique employed to catch them. But basically, it has been very similar with European early season: deep nymphing very effective in medium altitude water and while going downstream, fish were starting to look up and feed on surface. Euronymphing in the fast current/deep pools allowed me to have decent amount of fish everyday, with some nice sized in the middle.

When I arrived on the Goulburn river, I knew it would be different. A fast stop to the local flyshop to buy some tippet line, getting few infos about current hatches (which had been confirmed by Sam) and here we go. Wide river with high flow. Bushy edges with backwater and high visibility. The perfect cocktail for sight fishing. During 3 days, from the rise to the dawn, I walked along the banks. Watching for any suspicious movement under the surface. It didn't take long before I spot the first fish. And the second, and third... But it took a while before I could land the first one. Fish behaviour made me think I would be behind somebody. And I were right. Well, this bloke was blind fishing with a nymph and indicator in the current while all the fish are close to the bank, feeding. He was literally walking on them. I made a u turn and looked at the map to find a less easy access section. Found it and started to walk upstream across paddocks, fences, bush. I caught some average fish on the way. I arrived in a massive concentration of willows, with plenty of roots and something like 50cm depth. While trying hard to progress along the bank, my eyes stopped on a long shadow between the branches. Waow, it's just the tail. I didn't move, neither breath for few seconds. The fish was moving very slowly and feeding in the sand. Since the trout was looking away, I could prepare my bow and arrow cast. But I had to wait for the right moment, I would probably not have any 2nd chance. Which took nearly 30 minutes. This giant fish was heading in my direction, I sent my little unweighted pheasant tail on her way. She came close and just refused with clearance my nymph. Aarrgghhht. She deasapered in the darkness, slowly. She has'nt been spooked. I thought she would come back. So I set under the willow and rolled a cigarette. This kind of moment are very stressful for the -still learning- flyfisherman I am. You don't see over 5lbs fish everyday in Europe. I stayed under this tree for 1.5 hours. It has been very long. But she finally showed up again. I had the time to change my nymph and put a 6.3lbs tippet instead of 8.4. A bit finer but still strong. I did cast my nymph in her vision range but not straight in her direction this time. She saw it and ran to it. I could see her mouth open and my nymph being aspirated. Hooked ! In this situation, your only chance is to bring the fish straight in the net. Ideally, you have somebody with you to help for this phase. In my case I was alone but had put my net on the ground in my feet before the trout shew up again. Smart as. I tried to follow the plan. But such as in the travelling life, plans are always changing. The main issue was she didn't fit in my net. All this efforts to see her getting out of it before I could even pick it up. She understood what was going on and rushed in the roots. I lost her. Let go some swears, threw my rod in on the water, set, and had another cigarette. Fishing is sometime unfair, you spend 2 hours hunting a fish to end the story like this. Lost my faith for the day, went back in the car, found a free campsite and just slept until the next morning to have my revenge on another one. I didn't want to fish any section twice. The plan was to cover as much field as possible.
Local mayfly. Une éphémère locale, non identifiée.

Sunset over my house. Coucher de soleil sur ma maison.

Foggy morning, but very good fishing this day. Matinée brumeuse, mais prolifique.

Evening rise is coming. Les gobages du soirs arrivent ! 

Goulburn Valley Fly Shop. Friendly and must see place ! 

The 2 following days on the Goulburn went pretty well. Caught some nice fish in both light nymphs and dries. Only sight fishing, why would you blind fish while you can see all those wonderfull trouts along the banks ? Some of the locals were wading and blind fishing with a big indicator and a nymph. Guess what ? They didn't catch any fish, they were walking on them ! I tried to dodge the easy access sections and go as far as possible from the roads. It was worth it.

Après cette bonne dose de peche à vue, il était temps de reprendre la route. Mais avant de retourner chez Helen, je voulais rencontrer Scott Mcpherson, un guide local avec qui j'avais pris contact via facebook pour une interview. Scott m'a tout de suite proposé de venir passer quelques jours chez lui. Un sens de l'hospitalité hors norme et de longues heures à parler peche pendant 2 jours. Quelques heures au bord de l'eau qui me vaudront nottament un très joli poisson, en sèche à vue. Pour la taille de la rivière, c'était plutot innattendu. Un vrai joyau.

Je me devais d'etre de retour chez Helen pour le 25 novembre, elle avait des clients pour lesquels nous devions cuisiner pendant plusieurs jours. Pas mal de boulot et juste quelques heures de peche lors de ma dernière semaine. Une chouette aprèm avec Noel et son deuxieme fils Tobby, sur une petite creek encombrée, tout en sèche avec des imitations de sauterelles. Des poissons à la taille proportionnelle à celle du cours d'eau mais l'important n'est pas là, quel régal de les voir sortir de la berge pour dégommer nos sauterelles !! De plus, les robes sont splendides. Une météo exécrable et 100mm de pluie les derniers jours m'empecheront de pecher une dernière fois la Bundara. Je termine ces lignes depuis le ferry pour la Tasmanie, c'est la fin de mon séjour sur le main continent, un chapitre s'achève mais un autre commence. Je suis envahie d'une émotion toute particulière. Un mélange de tristesse et d'excitation. Quitter Helen et cet endroit fabuleux me mine, surtout qu'il a fallu traverser Melbourne avant d'embarquer et que le trafic, usines, le monde et la civilisation en général étaient totalement sortis de mon cerveau depuis presque 2 mois. Pour vous donner une idée, depuis chez Helen, il me fallait faire 45 minutes de route pour aller acheter des clopes dans le « supermarché » le plus proche ! Mais l'aventure continue et la Tasmanie est fameuse pour son % d'occupation du territoire très faible et la difficulté d'accès à une bonne partie des rivières et lacs. Ce qui annonce beaucoup de bonnes choses pour la suite ! J'ai eu un peu de mal à me concentrer sur cet article, mon cerveau fonctionne en anglais une grande majorité de son temps d'activité et en permanence la nuit. C'est donc assez étrange d'écrire autant en francais, il m'arrive de devoir réfléchir à la traduction d'un mot anglais pour pouvoir m'exprimer dans ma langue maternelle. Un cap a donc été franchi.
Uuuuh, gonna get wet soon. Aie, je vais me faire saucer ! 

Willows, where trouts love to come, rest and feed. Les fameuses forets de saules immergées, de très bon postes abritant beaucoup de poissons.

Look at this Stonefly ! 


J'ai déjà hate de découvrir et partager avec vous l'aventure Tasmane, mais en attendant, je vais aller me prendre une bière et savourer le coucher de soleil depuis le pont ! A plus, Benji.

Before heading back to Helen's, I wanted to meet Scott Mcpherson, a flyfishing guide operating all over Victoria, mostly in the Alpines area. I had an interview project and he seemed to suit well for that. After couple of days chatting through Messenger, Scott invited me at his place to get to know each other better. As always with australian people, I've been very nicely welcomed. Something which would be very unusual in Europe, I must admit. A first not productive evening rise after I just dropped my backpack in the room, a great dinner with beers and red wine and the unstoppable discussions about our common passion, as you could guess. I wont talk much about Scott here because you will discover him soon in my interview, but I can already tell he is a very passionate and captivating person, generous and full of good advice. We had 2 haf days fishing together which went really great ! I've been lucky enough to catch this beautiful fish on dry in a small stream. It will be a good memory that I wont forget. If somebody here is looking for patient, highly pedagogic and with a good humour sense fly fishing guide, you have to click here and get in touch with Scott : www.indulgenceflyfishing.com/

After this week focused on fishing at 150%, I headed back to my australian home. The place I felt the best over the last 8 months. I have been able to meet Charley May, another fly fishing guide in the area. A very interesting woman. Unfortunately, we could only share few hours in the evening and the insects and trouts were not much cooperative. Helen had a couple of guests this week and we had to cook for them. Another great experience. For my last week end, I had the luck to be there on the Stringer's yearly trip ! While Sam was hiking the Bundara with a friend, I went on a tiny little creek with Noel and his second son Tobby. The first hour has been rought. It seemed empty. But Noel found what we needed to decide these fish: grasshoppers ! We had such a good fun taking all those fish on surface. A beautiful pattern and very healthy fish for a creek this size. The season is officially kicked off and that will become very interesting ! Something we don't have much in Europe, but which is apparently magic here. And I look forward to have a look in Tassie's rivers if the trouts smash the hoppers like I've been told !
Very nice fish, thank's again Scottie ! Superbe poisson, merci encore Scottie ! 

Wonderful pattern for this trout on dry. Une robe splendide pour cette truite en sèche.


We are the 1st of December today and its raining cats and dogs in Anglers Rest. It seems my fishing adventure is delayed until I head to Tassie on Monday after one night to cross the sea. A very weird feeling at this stage of my travel. It's the first time I feel sad to leave a place. Even though I know Tassie will be amazing, it has what every people like us are looking for: wilderness, rivers, big trouts... But there is something about this valley. I may have lost a part of my soul here. She will just hang around, along the rivers for the rest of my life. And even if I will definitely come back, I wont be able to get her back. That's how it works for us, travelling fly fishermen. I have to keep going on the road, following my amazing adventures and meet plenty of other terrific people. This chapter will stay in my memory for the next 30 years at least. 2 months in the middle of no where, rivers flow, kangaroos jump around and the sound of silence make you lose all sense of reality.

I hope you enjoyed the reading guys, looking forward to discover and share with you the Tasman's adventures ! 
Tigh lines,

Ben




samedi 14 octobre 2017

One way ticket.

Le texte qui va suivre est doublé d'une version en anglais afin de permettre de suivre mes aventures à mes nouvelles rencontres.
English version below each section. It’s the first time I try to write that much in English and I am not confident and fluent enough to promise it will perfectly describe how I felt over the last 6 months.
Le 23 Mars dernier vers midi, Matt et Lenka me déposaient à l’aéroport de Toulouse. C’est avec les yeux humides que je passais la douane et que je m’éloignais en essayant de ne pas trop regarder derrière moi. Mon départ tombait pendant les vacances de mes parents qui étaient à l’opposé de là où je me rendais. Un aller simple pour l’Australie en poche, un sac à dos de 70L sur le dos et en avant. Je venais de terminer ma mission de contractuel pour l’éducation nationale. Quelques mois à enseigner la physique chimie à des élèves de 2nde dans un lycée général. Une expérience très riche dont je suis particulièrement fier. Entre autres parce que je ne pense pas avoir les compétences nécessaires à ce rôle mais aussi parce qu’humainement, c’est quelque chose qui valait la peine d’être vécu. Mon tempérament indépendantiste et l’administration française ne faisant pas bon ménage, il allait de soi que je n’y ferais pas carrière. L’idée a muri au mois de Janvier, alors que je discutais beaucoup avec mon ami Thibault qui avait franchi le pas 5 mois plus tôt et qui se retrouvait à traverser l’Asie du Sud Est avec une nana rencontrée en Australie. Son voyage et ses aventures me faisaient littéralement rêver, au point de rater les sorties d’autoroute le matin en allant bosser tellement je me perdais dans mes pensées. Je ne me sentais pas bien du tout à l’idée d’avoir un mode de vie dit « normal » à base de métro-boulot-dodo. Je ne voulais, et ne veux toujours pas de cette vie-là, elle ne me permet absolument pas de m’épanouir et ne me fait pas me sentir « à me place ». Sentiment sur lequel il est assez complexe de mettre des mots et qui est souvent assez difficile à concevoir de l’extérieur. Mais on pourrait apparenter cela à la recherche d’un peu de magie dans cette inertie morose. Pour l’anecdote, quand j’ai annoncé à ma mère que je souhaitais partir et ne plus (ou presque) travailler en France, sa première réaction fut : « Mais… Comment tu vas faire pour ta retraite ? ». Je n’ai pas pu m’empêcher de laisser échapper un petit rire nerveux avant de répondre « Maman… Tu penses vraiment que dans 40 ans la retraite existera encore ? Et puis, je serai peut-être mort dans 40 ans ! ». Et je tiens à souligner que Macron n’était pas encore en train de détruire ces 100 dernières années de luttes sociales à coups d’ordonnances au mois d’Aout pendant que les français se dorent la pilule sur la côte d’Azur. Il me fallait quelque chose qui brise cette routine, quelque chose qui me fasse me sentir libre et vivant. Les sorties pêche du week end, bien qu’extrêmement bénéfiques à ma santé mentale, ne suffisaient plus. Environ un mois avant le départ, je prenais mon billet d’avion, assurance et mon Working Holiday Visa valable un an. Avec dans la tête, l’idée, bien entendu, d’enchaîner sur la Nouvelle Zélande à l’issu de cette première année de voyage.
The last March 23rd, around midday, my friends Matt and Lenka, that you can see on most of the articles on the blog, brought me to Toulouse’s airport. Tears was running over my cheek. A mix between happiness, freedom desire and a little bit of sadness. My parents were in holidays on the other side of the World when the one wat tickets to Australia were the cheapest. I just finished my substituting physics and chemistry teaching contract and was feeling like I were not in the right place every day. Something needed to change in my lifestyle, the standard underground-work-sleep was not for me. The idea to travel through Australia came in January, I was in touch with a good friend that left in September and really enjoyed this new way of life. He convicted me to do the same. I wanted to escape and after I took this decision, I felt already far away even while teaching. My mother’s first reaction has been: “Come on Ben, how are you gonna live while you’ll be retired ?’’ I smiled first. Then I answered that I did not believe that any retirement system would still be up in 40 years. And after all, I will probably be dead in 40 years. So here we are, on March 25th I was landing in Adelaide, in mind, 1 year in Australia and at least 1 year in New Zealand.
First Australian sunset on Glenelg Beach. Premier coucher de soleil australien sur Glenelg Beach.

L’Australie est connue pour être un pays vraiment facile pour voyager. Le boom économique que vit le pays fait qu’il y est très simple de trouver du travail, dans des domaines très variés, mais j’y reviendrai. J’avais décidé d’atterrir à Adelaïde, 5ieme ville du pays, seulement 1 million d’habitants. Le mois de Mars dans l’hémisphère Sud correspond à l’automne de chez nous et il y fait très doux. Je débarquais dans une ville, avec mon sac à dos et mes clopes sans trop de plan et avait décidé de me laisser guider par les rencontres. J’avais juste réservé 2 nuits dans une auberge de jeunesse histoire de faire la paperasse classique (ouverture du compte en banque, numéros de taxe pour pouvoir bosser, carte SIM et forfait téléphone etc). Après 23h de voyage, me voici en terre australe, il m’a fallu beaucoup de temps, plusieurs semaines, pour réaliser vraiment ce que j’étais en train de faire. Les 8h de décalage horaire m’ont pas mal secoué et alors que j’essayais de me reposer dans ma chambre de 6 personnes, mes premières rencontres se créaient. Deux sœurs finlandaises, un américain du fin fond de l’Utah et un hollandais. Je suis convié à venir boire « quelques » bières qui dureront finalement jusqu’à 4h du matin. Cette première journée ressemblait vraiment à ce que j’avais imaginé. La rencontre de gens avenants, ouverts d’esprit, qui ont des choses à raconter et du bagage. Il s’avère malheureusement que cela ne représente qu’un petit pourcentage des gens dont j’ai croisé la route à l’heure actuelle, mais heureusement, ils existent bel et bien, et chacune des rencontres de ce style est grandement appréciée. L’inconvénient avec ce mode de vie, c’est que tout est encore plus éphémère. Les liens se créés très vite mais se défont aussitôt parce qu’untel va à Bali dans 3j et untel à Melbourne dans 5. Après une semaine à Adelaide, je prenais la route de Melbourne en compagnie de Susanna, l’une des deux sœurs finlandaises. 10h de bus, de nuit, sans réussir à fermer l’œil une seule seconde à cause du couple quinquagénaire au QI à deux chiffres qui se dispute à l’arrière, aucun doute, c’est l’aventure rock’n roll dont je rêvais ! Susanna et moi avons passé une semaine à arpenter Melbourne de jour comme de nuit. C’était chouette, mais je me sentais oppressé dans cette grande ville, ses gratte-ciels, les trottoirs débordant de monde du quartier des affaires…  
Ça respirait la vie mais aussi tout ce que je voulais fuir.
Australia is known to be very easy to start travelling. Heaps of jobs, very good wages in many different areas and friendly locals. The sentence I try to follow since the beginning is “No plans, best plan”. Indeed, you must follow some big lines, according to crop seasons to work regularly for example. But that was the only thing that dictated my moves. I met couple of nice guys in my first hostel and the first night I was already leaning to the bar. I followed a finish girl to Melbourne and my adventure started for real. I am not that much a big city guy as you may see in my previous articles, and the busy CDB life did not fit with me. So, from there, I tried to escape it as much as I could.
Accessories for raining camping night in my new house (car). Les compagnons de soirées pluvieuses dans ma voiture qui fait office de maison.

Je poursuivais donc ma route, en solitaire. Train, bus et vélo m’étaient devenus familiers. Le fil des rencontres m’amenait à Bright, petit village du Victoria (état dont Melbourne est la capitale), où la spécialité locale est la châtaigne, entre autres. Je travaillais à la récolte de ces dernières, payé au rendement et logé directement sur la ferme. Un petit groupe de français était déjà installé depuis quelques semaines. J’appréhendais un peu mes premières rencontres avec des compatriotes mais il s’avère que cette fois-là, je suis très bien tombé et que ces gens resteront des amis que j’ai hâte de revoir. Les châtaignes me permettaient de mettre pas mal d’argent de côté grâce notamment au fait que nous payions 2 packs de bière divisés par 7, par semaine pour le logement. Bon, ce n’était pas le grand luxe, je dormais dehors sur un canapé lit, mais cela me convenait parfaitement. La fraicheur des nuits, parfois négatives, était surmontée à l’aide de mon duvet de montagne et mon bonnet. Début Mai, la saison arrivait à la fin. Ces 3 premières semaines de boulot en Australie, le début d’une longue série, me donnaient confiance pour la suite. Maintenant, il me fallait une voiture. Cela impliquait un retour à Melbourne, de nouveau en solitaire.
My adventure brought me to Bright (Victoria) for chestnut picking. Accommodation was provided on the farm in exchange of 2 pack of beers divided by 7 people. Just few dollars each though. Friendly French people were already working here and I was a little bit afraid about meeting French people but these blokes were almost in the same way of thinking that I am. A pleasure to share this weeks with them. The piece rate pays allowed me to save good money before getting back on the road.
My favourite sunset.

Always time for a beer on the road. Toujours l'heure d'une biere sur la route.

Farm life.

Shot.

Je prévoyais d’aller explorer le centre du pays, son désert et ses merveilles géologiques sacrées pour les aborigènes qui peuplaient le pays avant le massacre des colons britanniques il y a 250 ans. Je me suis équipé d’un 4x4, un Jeep Grand Cherokee et m’élançais, cheveux au vent, vitres grandes ouvertes et playlist rock & blues volume au maximum pour un road trip que je n’oublierai jamais. Ce carosse allait devenir plus que mon plus fidele compagnon de route, il s'agissait de ma nouvelle maison. Mais il fut certainement la plus grosse erreur de mon voyage. L’achat de ce modèle de voiture, malgré un bon état global, seulement 260 000 km au compteur, ce qui n’est que la moitié de la durée de vie des véhicules ici, le fait qu’il s’agisse d’une Jeep, marque peu présente sur le territoire, compliquait énormément les réparations en cas de pepin. Et bien évidemment, les problèmes mécaniques se sont succédés au fur et à mesure que j’avalais les km. Je me suis retrouvé coincé dans la ville d’Alice Springs pendant plus de 3 semaines parce que les amortisseurs de mon bolide, après 2000km de pistes, avaient rendus l’âme. Les autochtones sont essentiellement des aborigènes. J’avais un peu lu au sujet de leur histoire avant de venir, mais je ne m’attendais absolument pas à cette ambiance dont l’adjectif qui décrit le mieux l’atmosphère est : malaisant. On est très loin de l’idée que je me faisais de ce peuple. Bien que dans leurs communautés non occidentalisées, relativement difficiles d’accès pour nous autres, ils soient très portés sur l’environnement, le respect et la spiritualité, les aborigènes qui peuplent les rues de cette ville m’ont vraiment fait me sentir mal à l’aise. Sans cesse en quête du moindre $ que l’on aurait en trop afin d’acheter de quoi se saouler, les regards sont pesants. Plusieurs ont tentés d’ouvrir les portes de ma voiture en pleine nuit et des dizaines de personnes se sont fait voler du liquide dans leurs tentes pendant leur sommeil. Ce qui est relativement compréhensible quand on connait l’histoire de l’Australie, qui jusqu’à il y a peu, n’attribuais même pas le droit de vote à ses premiers habitants !  Un racisme perpétuel de la part des colons et des « australiens » d’aujourd’hui, un rejet total de la société pour ces gens qui vivaient il y a 300 ans encore, en harmonie avec la nature. L’humain est vraiment l’espèce la plus ignoble de cette planète. Il a fallu venir ici, massacrer des gens qui ne demandaient rien à personne. Creuser des mines, détruire la forêt, construire des barrages…  Pour que des petits européens comme moi, en manque de sensations fortes puissent venir remplir des poches déjà bien trop remplies. Heureusement, les soirées au coin du feu à admirer les étoiles en bonne compagnie me réchauffent le cœur. Mais la vie de voyage c’est aussi beaucoup de rencontres éphémères, qui comme une éclosion des insectes aquatiques qui nous font vibrer, ne durent jamais assez longtemps.
I wanted to explore the « Red Center » and his fabulous geological monuments. For that, I bought a Jeep Grand Cherokee which became my new home and also has been my biggest mistake. It looked like to be a good deal, only 260 000K on the clock, which is half-life for aussie’s vehicles. But many troubles happened on it, first the water pump broke down, then the shock absorbers, battery, and now the trunk… The main problem is that Jeep is not a common brand through Australia, so it is very difficult to get access to spare parts, even in big cities. The off-road tracks did not help that much, but why have a 4-wheel drive if I don’t drive on dirty roads, far from the highways? Because of the troubles on the car, I’ve been stuck in Alice Sprigs for 3 weeks. The vibes in this town were very special. I must admit I did not feel very safe at all. Aborigines people, with all the dirty background that white settlers caused to them, seem to be very angry.  Heavy eyes, robbery in campsites… I wished I could leave as soon as possible. Human is the worse species on this planet and what we cause to other people and environment make me more and more convinced every day. Hopefully, some great evenings around campfire watching the stars with awesome people make me feel better. Unfortunately, travel make them come and go through your life. As a huge hatching of flies, it never last long enough.
 
Kings Canyon.

Couldn't pick up only one. Impossible de n'en choisir qu'une.

Uluru by sunset. Coucher de soleil sur Uluru ce qui lui confère une multitude de couleurs différentes.

Après ce périple, j’ai pas mal bossé, dans tout un tas de secteurs différents. Vignoble, élevage porcin, maçonnerie, travaux publics, jardinage… De quoi mettre quelques sous de côté. Il y a quelques semaines, j’ai décidé d’interrompre mon abstinence halieutique. Une Sage Approach 9’#5, un moulinet Vision Kalu et une soie, tous bon marché, dégotés dans un petit flyshop des Snowy mountains me permettront de prendre quelques truites lors de mes prochaines aventures. Les premières furent capturées rapidement, bien que les mouches locales soient loin d’être à la hauteur de celles de mes monteurs favoris (ils se reconnaitront, j’en profite au passage pour leur rappeler de se dépêcher de m’envoyer du stock parce que je découvre de plus en plus de rivières attirantes !). Il y a quelques mois j’avais posté un message sur un groupe facebook de pécheurs australiens et néozélandais. Mes premiers échanges avec les locaux furent plutôt plaisants et c’est comme cela que j’ai commencé à discuter avec Noel. Passionné de pêche à la mouche et fermier du Sud Est de l’Australie, mais aussi grand amateur de blues et rock’n roll ! Autant vous dire qu’il me tardait de le rencontrer. C’est donc il y a 5 jours que je rencontrais Noel après qu’il m’ait gentiment dirigé vers un couple d’ami pour me fournir un toit, un lit et une agréable soirée à refaire le monde avec deux australiens de très bonne compagnie. Nous étions tous les deux en route vers le Sud et nous sommes suivi jusqu’à sa splendide demeure. Située aux abords du célèbre Wilson Promotory National Park à une centaine de km de Melbourne et surtout, à quelques heures des fameuses Alpines, chaine de montagne aux multiples rivières abritant des truites. Les truites ont été importées par les colons anglais au début du XIXe siècle. Elles se sont plutôt bien acclimatées dans les cours d’eau des chaines de moyenne montagne du pays. De ce que j’ai pu en voir, la pression de pêche est relativement faible. Je devrais donc être en mesure de trouver des zones reculées avec pas mal de poissons peu farouches si vous voyez ce que je veux dire. Je me suis pris quelques jours de repos bien mérités chez Noel, je vais poursuivre avec un trip de pêche dans les Alpines avant de prendre le ferry pour la Tasmanie où je risque de passer quelques mois. Si je devais dresser un bilan de ces presque 7 premiers mois de voyage, les premiers mots qui me viendraient à l’idée seraient : liberté, perte de notion du temps et des distances et belles rencontres. Un mode de vie qui me sied à merveille donc. Mais si je pensais en prenant cet avion que je me tiendrais suffisamment loin des fous normalisés pour épargner ma santé mentale, je me trompais. Et quelle erreur. La grande majorité des personnes dont j’ai croisé la route était inintéressante, étouffante et souvent particulièrement irritante (surtout pour ce qui est de mes homologues français). Heureusement, quelques individus suffisent à largement faire pencher la balance (coucou Sophie, Joanne, Noel…). Avec la récente acquisition d’un petit PC je vais être en mesure de donner des news de manière plus régulière ici et de partager mes photos. Voilà, j’ai essayé de résumer un peu ma nouvelle vie, je pense qu’il me faudrait 4 ou 5 articles de plus pour communiquer avec plus de facilité à quel point je m’y épanouis malgré la dose non négligeable de galères. Merci à ceux qui auront lus, prenez soin de vous et de mes copines pyrénéennes (dans la limite du raisonnable qu’on se le dise).

After this incredible road trip, I mostly focused on work. I found jobs in many different areas: bricklaying, civil construction, landscaping, farming… And I must admit I enjoy it pretty much. Doing variable tasks and change whenever it suits me is something I always wanted to do. But I couldn’t resist any longer to go back to fish. So, I bought a 9’#5 Sage Approach, a Vision Kalu reel and a Rio Gold line in a little flyshop in the Snowy mountains to be able to fish everywhere I go from now! I am still waiting for my favourites flytiers to send me decent flies and they may recognize themselves through these lines. 5 months ago, I started to chat with Noel, flyfisherman as much in love with nature and being on the river than I do. Farmer from the South Est of Australia, he is very concerned about environment and climate change which means we had to meet as soon as possible. The travelling facts did we couldn’t catch up before few days ago but we finally did it. He allowed me to have a roof and a great talk with friends of him while I was struggling to find a free camping site and we met the next morning. Aussie’s benignity has been shown enough to not be a myth anymore. I am writing this article from Noel and Josie’s living room where I probably receive the best welcome of these past 7 months and I would like to thank them again. In few days, I’ll go back on the road and explore the Alpines mountains where heaps of trout rivers run. Can’t wait to be on the streams for the dawn and smell this very particular mix of flavours when the life wakes up. To conclude, this first half year across Australia has been very rewarding for my state of mind, this new lifestyle allows me to feel good even though I had to overcome many troubles. I met few terrific people along the road and they will stay in my mind for ever. But I must admit that I have been disappointed way too much by the average lack of common points with most of the people I met. Probably because I was a bit naive and expected too much. The recent purchase of my laptop will allow me to share more and more articles and pictures. Thank you for reading, feel free to comment if something is not clear or if I made huge English mistake(s). 
Jungle flyfishing, thank you Noel for the picture.
A+
Ben

mardi 13 décembre 2016

Gare au Gorille !

Je souhaite revenir via ce petit billet express sur ce qui fut l'événement marquant de marquant de mon année 2016 en matière d'halieutisme.
Il s'agissait d'une semaine de vacances pour Matt, sa belle étant allé rendre visite à sa famille au Canada, il en a profité pour poser quelques jours de congés et les dédier à ce qui nous donne l'impression de ne pas trop perdre notre temps.
Cette semaine fut riche en moments en tout genre, dans le désordre : galères de mise à l'eau, repas gastronomiques dans le canap', panne d'appareil photos mais aussi quelques beaux poissons (rayer la mention inutile).
De la session express piétonne de quelques heures à la journée complète sur le bateau, on a tout essayé. Je m'étais fixé pour objectif d'attraper un gros brochet et je m'en suis donné les moyens. Des heures durant j'ai lancé des leurres de 20cm, à en avoir des douleurs articulaires le soir venu.

Matin brumeux de fin octobre, une mise à l'eau rock'n roll comme on aime, de celles où l'embrayage laisse un peu de son odeur sur la berge humide. Nous ne connaissons pas le lac mais avons quelques infos, pour moi, la stratégie sera similaire aux jours précédents : gros shad en pélagique. La mâtiné est longue, Matt veut déjà rendre les armes sur les coups de midi. Un gros poisson suit mon shad nonchalamment jusqu'au bateau sans daigner mordre. Ça me redonne un peu de tonus à mon mental qui commençait à s'user et nous permet de prolonger la journée. Il y a du vent et il fait plutôt gris, des conditions météo rêvées, pas pour conduire l'électrique à pédale certes, mais mon coéquipier favori fait ça très bien !

Je lance inlassablement mon shad jusqu'à prendre l'arrêt tant attendu. Matt me demande si c'est gros, et je réponds sur de moi que c'est pas mal. Il ne s'agit pas du gros poisson tant attendu, mais c'est correct quand même : 72cm à la réglette.
Nous sommes aux abords d'une pointe, battue par le vent, et à peine le brochet reparti que je me remets au travail. Il ne faut pas plus de 2 lancers pour que je sois à nouveau arrêté. Même protocole, même question de la part de mon partenaire. Ma réponse sera en toute retenue pour ne pas faire de nouveaux faux espoirs : "Franchement, j'en sais rien". Mais il aura sa réponse tout seul, en voyant la bête émerger en surface : "Waow, mais il est très gros !" je me contente de répondre mon "ah bon ?" habituel, surpris et me concentre sur le combat. Une lutte sans merci se lance, il est énervé le type. Je sens la fin arriver quand il se cache sous des herbiers denses mais j'arrive tant bien que mal à l'en extirper.

Évidemment, on a oublié la grosse épuisette quelque part dans le garage, et Matt se dévoue pour le prendre à la main. "Tu vas voir, sur les gros poissons comme ça, c'est une poignée de valise !". Il avait fait un rangement du bateau hyper efficace, lucide le garçon. La bête est à bord, on le mesure, 113cm, on prend quelques clichés qui resteront gravés dans nos mémoires et on lui rend sa liberté. Une poignée de main gluante, un grand merci et une clope. Je suis sur un nuage. Je n'avais jamais attrapé de brochet dépassant le mètre, barre fatidique, c'est chose faite.

Mais ce qui me tient le plus à coeur, c'est pas tant les dimensions spectaculaires du poisson pour un plan d'eau public de chez nous, c'est le fait d'avoir partager ça avec Matthieu. Je pense qu'il pourra confirmer que ça se voyait dans mes yeux, j'étais redevenu un gamin de 8 ans, émerveillé, plein d'émotion. Et ça, ça fait quelque chose.

Je vous laisse sur ces clichés, et en musique :

"C'est à travers de larges grilles,Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on.
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M'a défendu de nommer ici...
Gare au gorille !..."




A+ Benji

lundi 10 octobre 2016

Pérégrinations estivales

Après 4 mois d'absence, me voici de retour avec quelques clichés qui résument assez correctement l'halieutisme que j'aime, celui qui couple réflexion, pêche logique et dilettante. J'avais plus trop la motiv' pour écrire, je me suis aperçu en regardant les statistiques de fréquentation du blog, que la majorité des "lecteurs" se contentaient de regarder les images. Un peu frustrant quand on essaye d'écrire en sortant du vulgaire récit à la première personne. Du coup je voulais en profiter pour remercier ceux qui prennent le temps de lire, et les rassurer en affirmant que non, je ne me mettrai pas à faire des romans photos où les seules successions de mots sont destinés à venter les produits utilisés.

J'avoue avoir repris goût à la pêche des carnassiers, la faute au couple bien connu de ces pages, qui m'a entraîné un peu plus chaque jours, dans la spirale infernale de la diversité des modes de pêche. C'est vrai quoi, j'étais tranquille, j'étais peinard quand, non, personne n'est rentré dans le bar, mais ma seule préoccupation était de savoir si j'allais devoir utiliser des nymphes lourdes ou des petites sèches pour réussir mon week end. Maintenant, je suis forcé d'ajouter des inconnus à l'équation, les lieux fréquentés sont beaucoup plus diversifiés et les kilomètres au compteur de mon véhicule augmentent de façon exponentielle. Quand je pars pêcher la truite, je peux passer 3 jours dans le même secteur sans pêcher deux fois le même parcours. Quand on va au carna, on est obligé de faire des aller retours à la maison pour recharger les batteries du bateau le soir. De toute façon, c'est ça ou une nuit blanche dans la tente, dans un camping miteux, parce que Sir Vieilhescazes a des rêves particulièrement expressifs (ronflements intempestifs, mouvements de jambes pas très coordonnés et bras qui s'étalent dans tous les sens...). On a les amis qu'on mérite il parait.

Attention, certaines des images qui vont suivre peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, et même celle des moins jeunes un peu trop psychorigides. Vous aurez été prévenu.

J'ai un peu de mal à établir un ordre chronologique exact mais je pense que l'évolution de ma masse capillaire pourra vous aider à remettre les éléments dans l'ordre, moi j'ai la flemme de trier.
On va commencer par les truites, et quelques images de cette saison qui fut, la meilleure de mon petit historique. Un échantillon des plus beaux poissons respectifs de chacun, et quelques coups d'éclats d'un tout autre genre.
C'est en partie pour ces moments là qu'on va à la pêche, surtout quand ils sont partagés en si bonne compagnie.

Quand le maître parle, on s'assied et on écoute.

Les efforts fournis par Lenka tout au long de la saison auront payé, bravo pour ce chouette poisson !
Par contre, on dirait qu'il y en a encore quelques un à faire dans le rangement du matos à l'issu d'un coup du soir peu prolifique... Enfin, moi ça me dérange pas, c'est pas moi qui démêle, je me contente de sourire niaisement quand je vois le merdier.

La Science du pliage de canne, je m'incline.
 Pour rappel, en 1ère catégorie, toute forme d'amorçage est interdite, mais si ça tombe du ciel naturellement, ça compte pas !
Notez le petit T-Shirt moulant pas repassé, qui a eu son jour de gloire parce qu'il s'est trouvé être au sommet de la pile le matin même.
Ce sont bien des insectes, des mannes. Là y'a à bouffer ! 
 On aura eu droit à quelques cours particuliers, ici, le posé longue distance avec une canne courte. Cherchez pas la rivière, y'en a pas, c'était sur un parking au milieu d'un village perdu. Me demandez pas non plus comment on en est arrivé là, devait surement y'avoir un désaccord technique sur le trajet et le type m'a fait m'arrêter sur le premier parking pour montrer qu'il a raison.

-Tu vois, ça pose super bien et loin avec cette canne !
- Euh, Matt, on voit pas très bien sur le bitume....
Parfois, on est tellement des élèves épuisants que le professeur prend un repos bien mérité, dans des positions un peu bizarres et pas toujours à l'endroit où on l'attendrait. 

- Bon, ça mord pas, réveillez moi dans une heure. 

 Malheureusement, les belles rivières de 1ère catégorie, c'est fini pour cette année, place maintenant aux milieux lacustres dans lequel l'eau n'est que profit pour les agriculteurs peu scrupuleux qui cultivent le maïs. Bon, on a quand même fait quelques interludes en fin de printemps et cet été, pour ne pas avoir totalement perdu la main quand même !

 On commence par les perches et honneurs aux dames, avec ce poisson aux proportions parfaites !

 Veste et nageoires assorties pour la réussite de la photo ! 


J'ai eu l'occasion de battre mon record personnel avec ce poisson de 50.00cm. J'ai pas pour habitude de mentionner les tailles des poissons, mais je suis particulièrement fier de celui là.

Moins belle présentation que la précédente, le bordel sur le float est apparent mais dans l'esprit c'est pareil !

Putain, ces filets qui s'échappent... 

Modèle : BK & Perche ; Photographe : MV ; Maquillage : aucun. Quoi ? C'est pas crédible ? Bon ok. 
 Matt aura eu lui aussi son lot de belles pizzas, mais faut avouer que sa tête sur les tofs n'est pas toujours à son avantage !
Combo : couché tard ; levé tôt ; seulement du café soluble ; épicerie pour le traditionnel redbull pas encore ouverte quand on est passé devant.

Ouf, on voit pas l'horizon et ne peut donc pas juger de son parfait positionnement ou non. Ça fait une chouette photo quand même !
Le float tube quand y'a 40km/h de vent, c'est bien à l'aller. Le retour est plus compliqué. Le simple fait de poser pour la photo était impossible à bord de l'embarcation. Du coup, on s'est laissé dériver et on a porté nos floats pour rentrer à la voiture. C'était long.
Un beau poisson d'eau claire qui récompense la longue mâtiné sans touches. 
 Grosse surprise (c'est le cas de le dire) pour Lenka en cherchant perches et sandres avec un leurre de 6cm et un bas de ligne en fluoro 22%. Matt est pas passé loin d'y laisser un doigt ou deux si je me souviens bien !
Son bonheur se lit sur son visage et on comprend pourquoi !
 Y'a des jours où je me demande vraiment si on va pas finir par mal tourner. On passe chez un détaillant de village, on achète un sac d'amorce, 1/4 d'asticots et du 14% qui casse comme du verre et en avant ! Score final 8-7 pour Matt, 3 casses sur des carpes parce que 20 minutes de combats c'est long et ça sert à rien donc on tire comme des ânes. Bref, y'a pas de sous-pêche ! La truite aux leurres un peu quand même...

Les derniers instants de cette brave canne, qui a terminé sa vie en 4 brins, quelque part dans le garage.

Et d'autres fois, alors que vous vous y attendez absolument pas, vous êtes frappés par un truc, vous savez pas d'où ça vient ni pourquoi mais vous êtes au milieu. Faut encaisser.
J'étais pas bien. Je vous laisse imaginer l'état de l'appareil photo. Brillante idée que de le sortir en telles circonstances !
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui, j'ai encore pas mal de photos en stock mais j'ai vraiment la flemme de les trier, on refera peut être ce genre de papier plus tard. En attendant, on va couler quelques têtes plombées et faire 2/3 commandes pour la saison verticale qui va arriver rapidement. 

A+ Benji